Notre Histoire

De la fanfare l’Union au Brass Band

Remplaçant une harmonie défunte, la fanfare communale L’Union d’Hérinnes naît le 9 mai 1861. Elle est gratifiée du titre de Royale par une lettre émanant du Palais le 6 mai 1923 et voit se succéder à sa tête pas moins de neuf chefs entre sa création et l’aube des « seventies ». Sous la baguette de ceux-ci, la fanfare se déplace dans le Tournaisis, en Flandre et dans le Nord de la France à l’occasion de festivals. Elle y jouit d’une excellente réputation et se distingue à plusieurs reprises dans des concours provinciaux. En juillet 1970, c’est Edouard Elekan, alors âgé d’à peine 23 ans, qui en prend la direction. Dynamique et plein d’idées nouvelles, il modifie progressivement le style musical de la société, jusque-là assez traditionnel, créant la surprise et même l’incompréhension dans les fanfares et harmonies environnantes. Mais les exécutants de l’époque, enthousiasmés par cette mutation audacieuse amorcée par leur jeune chef, collaborent avec lui pour mener à bien ce virage progressif vers un nouveau style, celui de « variétés ». Lors de la Sainte-Cécile du 29 janvier 1977, la fanfare l’Union devient officiellement le Brass Band Hérinnes et se présente lors du concert comme un grand orchestre de variétés doté d’un costume adapté. Du classique figure encore au programme, mais dans les années qui suivent, la « variété » va s’imposer. Chanteurs et présentateur viennent également ajouter leur note caractéristique à cette transformation en profondeur.

Edouard Elekan a de l’ambition pour le Brass Band, il va de l’avant et l’orchestre, d’année en année, engrange les succès. Alliant qualité musicale et convivialité, le BBH donne des concerts aussi bien dans la région qu’ailleurs en Belgique dans des endroits aussi prestigieux que la Grand-Place de Bruxelles, par exemple. Dès les années 90, il célèbre la fête du champagne à Châlons sur Marne, égaie le port de pêche de Breskens aux Pays-Bas, part en tournée de plusieurs jours en Alsace, au Grand-Duché de Luxembourg et en Allemagne, en Bourgogne… Il passe même la Manche à deux reprises pour se produire à Douvres. Parallèlement à ses prestations « live », il enregistre des disques, cassettes et CD, passe sur les ondes de la RTBF et No Télé (télévision locale). Plus de 500 concerts sont ainsi donnés avec Edouard Elekan à sa tête.

Tant la Fanfare l’Union que le Brass Band participent à la vie du village dont ils sont issus, par leur présence à des manifestations patriotiques, philanthropiques ou culturelles. Le BBH fait notamment le déplacement à Manéglise en 2004 à l’occasion du jumelage entre les deux localités. Des festivals sont également organisés, parfois pour fêter des anniversaires importants (50e , 70e , 100e pour la première, 125e, 130e, 135e, 140e, 145e et 150e pour le second) et attirent pas mal de monde. Des groupes régionaux s’y distinguent, mais sont aussi invitées des sociétés étrangères, comme la Fanfare d’Haspres (Nord de la France) et l’Harmonie de Rodange (Grand-Duché de Luxembourg) avec lesquelles le BBH entretient des liens privilégiés, que l’on peut qualifier de jumelage. D’autres formations prestigieuses font profiter les auditeurs de leurs talents, comme le Quatuor Belge de Saxophones dirigé par François Danneels en 1975, l’Orchestre d’Henry May et le North Sea Dixieland Band en 1986, la Musique de la Force Aérienne en 1996, la Musique Royale de la Marine en 2001 et 2006 et le NATO Jazz Orchestra lors du 150e anniversaire. Le Brass Band accueille également des invités de marque lors de ces festivités : à l’occasion des 125e et 130e anniversaires, le célèbre compositeur-arrangeur allemand Hans Kolditz dirige quelques morceaux. M. R. Schuler, responsable du tourisme de Luxembourg-ville ainsi que M. A. De Schutter, alors ambassadeur de Belgique au Luxembourg, font également le déplacement et posent avec les musiciens pour la photo souvenir du 130e. L’ambassadeur de Belgique au Luxembourg connaît l’orchestre depuis 1990, année où la ville de Luxembourg célèbre le tourisme. Le Brass Band a l’honneur d’y être l’une des deux formations qui représentent la Belgique ; il se produit sur la Place d’Armes le jour de la fête nationale et est ensuite invité à jouer quelques notes lors de la réception organisée à l’Ambassade. Expérience inoubliable qui se reproduira d’ailleurs l’année suivante. Pour la réputation qu’il s’est ainsi forgée en Belgique et à l’étranger, l’orchestre reçoit en 1992 le trophée du Mérite Artistique et Culturel Pecquois.

La fanfare l’Union et le Brass Band ont tous deux à cœur de former des jeunes pour assurer leur pérennité. La première y songe dès sa création, comme l’attestent les archives, tandis qu’à partir de 1982, Daniel Prévost dispense des cours de solfège et d’instrument à l’école de musique du Brass Band. Celle-ci, qui a formé plusieurs dizaines de jeunes, finit par fermer ses portes en 2006.

En juillet 2013, Edouard Elekan démissionne, après 43 ans à la tête de la société qu’il a marqué de son audace, la portant au faîte de la gloire. Avec enthousiasme, Daniel Prévost, clarinettiste, saxophoniste et ancien professeur de musique reprend les rênes du groupe, en attendant qu’un nouveau directeur se propose. Ce sera chose faite une année plus tard avec l’arrivée de la jeune Aurélie DUCAT et le 31 janvier 2015 la nouvelle chef et Daniel PREVOST, devenu son adjoint, présentent avec l’orchestre lors du concert de Sainte-Cécile un programme « swing » de très bonne facture qui séduit le public.

Confiante dans les capacités de ses musiciens, tous amateurs, et les sachant capables de relever certains défis, Aurélie Ducat n’a de cesse, depuis qu’elle est à la baguette, de leur proposer des œuvres parfois difficiles mais entraînantes, dansantes, romantiques ou de type « jazz » mélodique, sans délaisser pour autant l’une ou l’autre pièce plus « traditionnelle » afin de plaire à un maximum de personnes, qu’il s’agisse des membres de l’orchestre ou du public. Certaines de ces pièces permettent en outre à des solistes de différents pupitres d’exprimer leurs talents.

Au programme du « BBH » depuis 5 ans se bousculent, en totale harmonie, du rythme, du swing, l’un ou l’autre slow, du rock, de la rumba, du paso doble, du ragtime, du mambo, des versions orchestrales de chansons célèbres comme des pots-pourris des Beatles, de Frank Sinatra, Stevie Wonder, Claude François, Michaël Bublé, Village People, pour ne citer que quelques exemples.

Traditionnellement, tous les 5 ans, l’orchestre fête l’anniversaire de la fondation de la société d’origine. En 2016, le festival des 155 ans a vu se succéder 4 sociétés ; celui des 160 ans est déjà sur les rails, 2021 n’est plus très loin. Qu’on se le dise !

Josette Lambreth